50 LP // 10 EP // 5 singles // 2 shows…
Les Meilleurs Moments de notre année 2017…

patchwork pochettes best of 2017

\\ LP

01. Perera Elsewhere – All Of This
Pour le sombre & le sensuel…pour les fantômes de la soul & du folk qui s’accouplent dans les vapeurs d’une électro en slow motion…pour cette demoiselle venue d’ailleurs qui s’érige en une des plus belles incarnations de la chanson du XXIème siècle…
Pièces de choix : Happened – All of This – Weary

02. Run The Jewels – RTJ 3
Pour l’engagement frontal & l’efficacité subtile…pour un hip-hop qui jamais ne s’essouffle & reste cohérent…pour Killer Mike & El P qui continuent de lier les actes aux paroles…
Pièces de choix : Down – 2100 – Oh Mama

03. Chelsea Wolfe – Hiss Spun
Pour l’intensité & la fragilité…pour la puissance qui porte des mélodies de chant hanté enivrantes & vulnérables…pour cette demoiselle californienne qui préfère la lune au soleil…
Pièces de choix : Offering – Particle Flux – 16 Psyche

04. Aldous Harding – Party
Pour le sucré (joliment) salé…pour la finesse de ce qui est saupoudré sur des chansons pop qui réussissent à se démarquer…pour cette jeune néo-zélandaise qui s’amuse à se décaler…
Pièces de choix : Blend – Imagining My Man – Horizon

05. Peaking Lights – The Fifth State of Consciousness
Pour le dub…pour son retour au centre d’expérimentations pop dignes de notre époque…pour ce couple à la ville comme en studio qui vient de raviver à leur manière psyché cet ancêtre que l’on aimerait moins éloigné…
Pièces de choix : Coyote Ghost Melodies – Eclipse of the Heart – Sweetness Isn’t Far Away


06. Meyhem Lauren & DJ Muggs – Gems from the Equinox

07. Ghostpoet – Dark Days + Canapés

08. L’Orange – The Ordinary Man

09. Open Mike Eagle – Brick Body Kids Still Daydream

10. A7PHA – A7PHA

11. Maya Jane Coles – Take Flight

12. Lily Among Clouds – Aerial Perspective

13. Mattiel – Mattiel

14. La Louma – Let the World Be Flooded Out

15. Kaleida – Tear the Roots

16. Midnight Sister – Saturn Over Sunset

17. Alt-J – Relaxer

18. Portugal. The Man – Woodstock

19. Baxter Dury – Prince of Tears

20. St. Vincent – Masseduction

21. WHY? – Moh Lean

22. El Michels Affair – Return to the 37th Chamber

23. Tricky – Ununiform

24. Onry Ozzborn – C v p ii d

25. Ho99o9 – United States of Horror

26. Your Old Droog – Parks

27. Sly5thAve –The Invisible Man : An Orchestral Tribute to Dr. Dre

28. Rone – Mirapolis

29. DJ Brace – Apatheia

30. Brother Ali – All the Beauty In This Whole Life

31. Dizzee Rascal – Raskit

32. Action Bronson – Blue Chips 7000

33. King Krule – The OOZ

34. Ghostkeeper – Sheer Blouse Buffalo Knocks

35. Shadow Band – Wilderness of Love

36. Warhaus – Warhaus

37. Blood & Glass – Punk Shadows

38. Juniore – Ouh Là Là

39. Thievery Corporation – The Temple of I & I

40. Everlast, Sick Jacken & Divine Styler – War Porn Industries

41. Gabe Nandez – Plaques

42. Algiers – The Underside of Power

43. Blu & Exile – In the Beginning : Before the Heavens

44. Curtis Harding – Face your Fear

45. JFDR – Brazil

46. Charlotte Gainsbourg – Rest

47. The Derevolutions – Band from America

48. Delinquent Habits – It Could Be Round Two

49. Nicole Willis & The UMO Orchestra – My Name is Nicole Willis

50. Sharon Jones & The Dap-Kings – Soul of a Woman

Bonus album mashup : Amerigo Gazaway – A Common Wonder


\\ EP

01. DJ Shadow – The Mountain Has Fallen

02. Ariel Pink & Weyes Blood – Myths 002

03. Emily Wells – In The Hot

04. Anohni – Paradise

05. Son Lux – Remedy

06. L’Orange – Koala

07. Sudan Archives – Sudan Archives

08. Aesop Rock & Homeboy Sandman – Triple Fat Lice

09. Elliott Moss – Boomerang

10. Rose Droll – Photograph


\\ singles

01. Loma – Black Willow

02. Paul White & Danny Brown – Accelerator

03. Superorganism – Something for your M.I.N.D.

04. Young Fathers ft. Leith Congregational Choir – Only God Knows

05. Gift Of Gab ft. RA The Rugged Man & A-F-R-O – Freedom Form Flowing


\\ shows

01. Kid Koala – Satellite Concert « Come Play in our Turntable Orchestra ! »

kid

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Pour celles & ceux qui ne sont pas encore au courant, un show de Kid Koala est toujours un évènement. Il a pris la merveilleuse habitude de repousser les limites du concert traditionnel. Nous l’avions loupé l’année dernière avec son conte musical & son petit robot, cette année il revenait avec la tournée de son dernier LP en collaboration avec la chanteuse islandaise Emiliana Torrini.
Or, comme il le dit lui-même, les chansons de ce dernier étant d’une lenteur implacable qu’il s’est demandé comment en monter un spectacle qui ne sera pas d’un ennui mortel pour les spectateurs, & l’idée retenue est aussi ludique qu’inédite.
Kid Koala vous reçoit dans une petite salle, puisque c’est un concert aux places limitées (environ 80 personnes), on vous installe devant des petites tables avec en face de vous une platine vinyle construite pour l’occasion & une poignée de 45 tours avec des codes couleurs, c’est ça l’idée, Kid Koala vous propose de jouer aux vinyles avec lui. En amont un chef d’orchestre vous montre comment les interactions se passeront, à quel moment jouer quel disque (d’où les codes couleurs), à quel mouvement de ses bras correspond telle action (scratches, vitesses, simples lectures etc…). & c’est parti…
Kid Koala mène le show de son humour légendaire, entouré de tous ses jouets musicaux & instruments électroniques vintages, il partage la scène avec une demoiselle spécialisée dans les réactions chimiques aux multiples couleurs & formes spatiales, faites en direct sur une grande table de verre ronde & rotative & retransmises sur 2 grands écrans derrière eux, & enfin sur le côté à droite se situe le chef d’orchestre. Emiliana Torrini n’est pas là mais le Kid joue ses parties chantées qu’il a préalablement enregistrées sur des cartes magnétiques qu’il fait passer manuellement dans un lecteur semblant sortir tout droit de la guerre froide, juste un autre de ses nombreux moments aussi surprenants qu’amusants, ce qui seront les deux leitmotivs de ce show participatif exceptionnel.


02. Prophets Of Rage – Make America Rage Again Tour

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Malgré une salle dont l’immensité & la qualité de l’insonorisation ne font pas forcément honneur à la matière sonore qui y est déployée, le show de cette historique réunion reste mémorable, ne serait-ce évidemment que pour voir sur les mêmes planches les légendes que sont Chuck D, B-Real & Rage Against The Machine, & le mot grandiose suffit à peine pour qualifier ce que nous aurons vécu ce soir là. De l’ouverture de DJ Lord qui mixe entre eux les classiques du hip-hop engagé et/ou festif, au final emmené par un Killing In The Name survolté, éructé par plus de 20 000 personnes les poings levés, en passant par l’apparition de l’immense toile ornant leur slogan modifié pour l’occasion, le fameux Make Canada Rage Again suivi du wouah instantané de 20 000 voix à l’unisson. Ce n’est peut-être pas encore la révolution, même si cela pourrait aisément en être la bande son, mais en attendant c’est l’invitation à une infaillible avalanche de frissons.

Les 60 disques à retenir pour en finir avec 2016…

patchwork pochettes best of 2016

\\ LP

01. The Avalanches – Wildflower

Le haut de notre podium revient cette année au disque que nous aurons probablement attendu le plus longtemps depuis que nous sommes en âge d’être patients, & il ne squatte évidemment pas la 1ère place pour cette seule raison, mais bien parce que le résultat fût à la hauteur de l’attente.
Seize ans se sont écoulés depuis le précédent album des australiens, & cela fait une bonne dizaine d’années qu’ils ont annoncé se pencher sur une suite à leur acclamé 1er album, une attente qu’ils ont su entretenir à coups de teasers plus alléchants les uns que les autres, sans que l’on sache jamais vraiment si on devait y croire ou pas, surtout quand c’est via la voix des soi-disant futurs invités du disque qu’ils faisaient passer leur message promotionnel, faisant à chaque fois grandir le fantasme d’une telle réunion & instaurant dans un même temps de sérieux doutes quant à la véracité du message, puisque cela allait être trop beau pour être vrai, & puisque rien ne finissait jamais par sortir, jusqu’au jour où…
Jusqu’à ce 1er juillet 2016 où le disque apparaissait enfin, & le (désormais) duo n’a jamais aussi bien porté son nom, des avalanches dans tous les sens du terme : avalanche de titres (21), avalanche d’idées & de samples (leur marque de fabrique), avalanche d’invités de tout horizon (à l’image de leur son), & le tout guidé par un 1er single éclaireur aux allures de hit estival par excellence, porté par les flows de 2 des rappeurs les plus captivants des dernières années, Danny Brown & MF Doom.
En matière de retour, on n’est pas loin du sans faute, & le reste de l’album suit, sans créer de véritables surprises mais en confirmant haut & fort tout le bien que l’on pensait déjà de leur façon de s’exprimer. On retrouve d’ailleurs dans cet album 2 axes qu’ils avaient explorés respectivement dans leur 1er EP & ensuite dans leur 1er album, mais cette fois-ci dans un seul mouvement. On retrouve ce son typique qui avait fait le succès de leur précédent album, le foisonnement de samples tous azimuts, de la flûte de pan à la chorale d’enfants en passant par nombre d’extraits sonores divers, le tout toujours emmené par une basse funky & des beats hip-hop ou électro. Mais alors que leur 1er album ne laissait aucune place aux parties vocales, à l’opposé de leur 1er EP dont la plupart des titres étaient ornés d’une voix en chair & en os, on retrouve dans ce nouvel album une forte présence de timbres vocaux, & la liste des convives à passer derrière le micro est à tomber, ajoutant encore de l’exceptionnel à un menu déjà amplement riche.
S’il faut encore attendre longtemps avant de voir une suite à Wildflower, on veut bien attendre à leurs côtés, à contre courant du rythme du reste du monde, puisque l’on sait désormais que notre attente sera récompensée.
Pièces de choix : Frankie Sinatra – Because I’m Me – The Noisy Eater

 

02. A Tribe Called Quest – We Got It From Here…Thank You 4 Your Service

Ce fût l’autre grand retour de l’année, inattendu celui-ci & malheureusement en partie posthume.
Depuis leur séparation en 1998, nous savions pourtant qu’un nouvel album d’ATCQ était plus ou moins en route. Nous savions qu’ils étaient liés à Jive Records par un contrat qui stipulait la publication d’un 6ème album, puis nous les avons vus se réunir à plusieurs reprises dans les années 2000 à l’occasion de diverses représentations live, & enfin nous avions appris qu’ils auraient apparemment repris le chemin des studios à la suite des attentats de Paris en novembre 2015. Malgré tout cela, le silence qui perdurait autour de cet éventuel dernier disque avait fini par nous laisser croire que les embrouilles internes avaient peut-être définitivement enterré l’espoir de voir un jour apparaître du nouveau matériel. La triste disparition de leur membre fondateur, Phife Dawg, le 22 mars dernier, apportait le coup de grâce. ATCQ n’est plus.
C’était sans compter sur Q-Tip, qui aura donc été le générateur discret de cet ultime album du collectif, allant jusqu’à créditer les productions de ce dernier au nom d’ATCQ alors qu’il en aura été le principal maître d’œuvre. Et le résultat est une réussite totale.
Réussite totale car il aura réussi à éviter l’écueil du disque ultime de groupe de hip-hop old school qui continue de faire du hip-hop old school comme si l’histoire était restée figée. Rien ici ne résonne nostalgique ou ne lorgne vers l’ancien, bien au contraire, l’ensemble des productions se situe bel & bien sur le devant des musiques urbaines de notre époque, & ce, sans jamais dénaturer le style ATCQ. On y retrouve nombres d’éléments qui ont façonné leur son, baignés ici dans des arrangements dignes de l’air du temps, illustrant brillamment des propos qui le sont par ailleurs tout autant. Le tout orné de ces flows légendaires (& de ceux de bon nombre d’invités 5 étoiles) qui semblent ici au meilleur de leur forme, 18 ans après leur dernier effort collectif, définitivement au-delà du temps, hors du temps…éternels.
Pièces de choix : We The People – The Space Program – Black Spasmodic

 

03. Danny Brown – Atrocity Exhibition

La médaille de bronze revient au disque qui aura suscité ici la plus grosse surprise de l’année, le dernier jet du MC de Detroit, Danny Brown.
Un disque qui pourrait prouver, pour ceux qui n’y croient plus vraiment, que le hip-hop reste un genre propice aux expérimentations & autres innovations, un terrain à l’avant-garde, sur lequel Danny Brown vient de s’installer sur le front. D’autant plus que ce n’est évidemment pas en s’y asseyant tranquillement, mais bien en y semant un tumulte jouissif, provoqué par une série de petites bombes soniques confectionnées avec le 2ème homme du disque, Paul White. Car la plus belle idée en amont de ce 4ème album aura été de confier la quasi-totalité des titres aux soins du producteur britannique (qui aura juste mis au monde 2 brûlots cette année, le 2nd étant le fruit de sa collaboration avec Open Mike Eagle, Hella Personal Film Festival – en 13ème position sur notre échelle du plus meilleur de 2016). Même si les autres participations ponctuelles sont de haut niveau & résultent d’excellents morceaux (notamment Petite Noir & ses accents new-wave, Playa Haze & sa promenade old school, The Alchemist & son hip-hop oblique), c’est surtout là que la folie opère, quand les 2 se retrouvent en tête à tête, de préférence avec rien autour, pour que rien ne les empêche de se mettre en danger. Les productions de Paul White sont ici des lieux accidentés, des terrains glissants sur lesquels on imagine difficilement bon nombre de rappeurs se risquer, alors que le flow teigneux de Danny Brown rebondit ici dans tous les coins, à l’aise comme jamais, comme chez lui. À suivre le personnage depuis un moment, on imaginait déjà aisément que le tumulte devait être son ami, on se rend compte finalement que c’est plus que ça, c’est son moteur, à explosion(s).
Pièces de choix : Ain’t It Funny – Dance In The Water – Golddust

 

04. Adrian Younge – Something About April II

05. DJ Shadow – The Mountain Will Fall

06. Warhaus – We Fucked a Flame Into Being

07. Anohni – Hopelessness

08. Nicolas Jaar – Sirens

09. Twin Rains – Automatic Hand

10. Lady Wray – Queen Alone

11. Santigold – 99 Cents

12. Mr. Lif – Don’t Look Down

13. Open Mike Eagle & Paul White – Hella Personal Film Festival

14. The Shacks – The Shacks

15. Rafter – Xyz

16. Jamie T. – Trick

17. Samiyam – Animals Have Feelings

18. Wax Tailor – By Any Beats Necessary

19. Atmosphere – Fishing Blues

20. Bon Iver – 22, A Million

21. Elysian Fields – Ghosts Of No

22. Radiohead – A Moon Shaped Pool

23. The Kills – Ash & Ice

24. deM atlaS – mF deM

25. De La Soul – And The Anonymous Nobody

26. Sage – Sage

27. Fudge – Lady Parts

28. Keren Ann – You’re Gonna Get Love

29. Nick Cave & The Bad Seeds – Skeleton Tree

30. Agnes Obel – Citizen Of Glass

31. L’Orange & Mr. Lif – Life & Death Of Scenery

32. The Last Shadow Puppets – Everything You’ve Come To Expect

33. Leonard Cohen – You Want It Darker

34. El Perro Del Mar – Kokoro

35. Kadhja Bonet – The Visitor

36. Emily Jane White – They Moved In Shadow All Together

37. Foxtails Brigade – Foxtails Brigade

38. Birthh – Born In The Woods

39. Haelos – Full Circle

40. Casey Mecija – Psychic Materials

41. Springtime Carnivore – Midnight Room

42. Emily Wells – Promise

43. Soft Hair – Soft Hair

44. Metronomy – Summer 08

45. Prince Rama – Xtreme Now

46. Klangstof – Close Eyes To Exit

47. The Brian Jonestown Massacre – Third World Pyramid

48. Helado Negro – Private Energy

49. David Bowie – Blackstar

50. Bonus best soundtrack : Elliott Smith – Heaven Adores You

 

\\ EP

01. Massive Attack – Ritual Spirit

02. Asher Roth, Nottz & Travis Barker – Rawther

03. Michelle Blades – Polylust

04. Manudigital & Marina P. – Digital Lab Vol. 3

05. Sufyvn – Pseudarhythm Vol. 2

 

\\ singles

01. A Tribe Called Red – R.E.D. (feat. Yasiin Bey, Narcy & Black Bear)

02. Zack De La Rocha – Digging For Windows

03. Atili Bandalero – Got To Go (feat. Prendy)

04. William Z. Villain – Anybody Gonna Move

05. Euanwhosarmy – For Nothing (feat. Lyndsey Lupe)

Albums, EP & singles…Notre Sélection 2015…

patchwork pochettes best of 2015

\\ LP

Clarence Clarity – No Now (Bella Union)

Si nous devions n’en retenir qu’un, qu’un seul bon disque parmi les quelques dizaines qui nous ont enchantés cette année, peut-être serait-ce la découverte du 1er album du londonien Clarence Clarity.
Un disque riche, long (20 titres pour plus d’une heure), intense & explosif, qui part dans tous les sens, brille de nombreux feux, tout en restant scotché à l’univers & à la personnalité de son auteur, & sans jamais perdre de vue son fil conducteur, le funk. Un funk hybride, moderne, foutraque & débraillé, dont la filiation pourrait se situer du côté d’un autre de nos disques de chevet paru lui en 2013, l’unique album du regretté The Child Of Lov (disparu quelques mois après la sortie de son disque des suites d’une maladie qui le suivait depuis tout petit). Hormis leurs teints blafards & leurs silhouettes fines, les 2 hommes ont en commun ce goût pour le décloisonnement & l’expérimentation tout en ne s’éloignant jamais d’un cadre pop dans lequel la mélodie est toujours privilégiée, brandie comme 1er vecteur de la destination proposée : la chanson de demain, lo-fi & high tech, sale & sexy, mêlée & funky.
Morceaux choisis : Buck Toothed Particle Smashers (feat. Kill J) – Those Who Can’t Cheat

BADBADNOTGOOD & Ghostface Killah – Sour Soul (Lex Records)

Le 2ème homme de 2015 fût moins discret, il aura même été on ne peut plus présent cette année mais surtout, malgré l’enchaînement, il n’aura jamais été décevant, bien au contraire.
Un constat d’autant plus sensible que l’imposant MC vient d’un collectif mythique qui ne fournit plus grand-chose de conséquent depuis un bon moment, embourbé dans les embrouilles d’égos, dénigré par les concerts bâclés, jamais sauvé par un disque qui nous ferait tout oublier, & encore moins par leurs fausses bonnes idées, dont le point culminant se trouve dans la récente actualité, l’acquisition au prix de 2 millions de dollars de leur album unique par un ponte de l’industrie pharmaceutique des plus détestables qui soient.
Certes, le Wu-Tang est probablement mort, mais Ghostface Killah en est son plus brillant rescapé. Et cela n’est sûrement pas prêt de s’arrêter si on se fie aux prémisses entendues de projets en devenir, dont le plus alléchant (& le plus long à venir) s’est vu doté d’un nouveau single-éclaireur cette année, la collaboration en format long avec un autre imposant MC, dans la forme comme dans le fond, DOOM. Parallèlement, & en plus de tourner aux 4 coins de la planète en son nom ou avec le Wu-Tang, Ghostface aura sorti 2 disques majeurs cette année. Le fabuleux 2nd volume de ses aventures avec le producteur & multi-instrumentiste Adrian Younge & le fruit de sa surprenante collaboration avec le talentueux trio/quartet jazz canadien, BADBADNOTGOOD. Un opus qui vient couronner la volonté de retour aux sources dont fait preuve Ghostface ces récentes années. Le retour à un son live, brut, joué. L’inspiration n’y est jamais très éloignée de l’aventure entamée il y a 2 ans avec Adrian Younge mais dans une version encore plus roots, plus sobre & épurée, gérée de mains de maîtres par le jeune band canadien qui déroule ici une soul rétro qui sert à merveille le flow incisif du MC. Et à Ghostface de leur rendre ce qui leur revient, & de le faire bien, assénant à plusieurs reprises lors de ses concerts en leur compagnie (par ailleurs un de mes meilleurs moments de l’année) : « these guys are the future ». Et là-dessus aussi, nous pouvons être d’accord avec lui.
Morceaux choisis : Mind Playing Tricks – Ray Gun (feat. DOOM)

Young Fathers – White Men Are Black Men Too (Big Dada)

Dans la catégorie “confirmation de l’année”, la palme se verrait décernée au 2nd album du trio écossais Young Fathers, qui avait empoché le Mercury Prize l’an passé avec leur 1er long & qui enfonce ici encore un peu plus loin le bouchon.
Young Fathers reste ancré sur sa position, toujours installé au carrefour des genres & des influences, toujours sous un ciel de plomb, mais il se drape là d’une nouvelle dimension. A leur mix déjà détonant d’électro, de punk, de hip-hop, de soul, de blues & de gospel, les écossais ont injecté un aspect transe encore plus marqué que dans leur précédent LP. Une transe qui n’est pas ici portée par un tourbillon d’effets électro mais à l’inverse, par des boucles de percussions lo-fi & tribales omniprésentes. Elles étaient déjà là auparavant, sous-jacentes, mais désormais elles mènent la danse, aussi glacée soit-elle. Une présence constante qui, ajoutée à leurs parties vocales déjà empreintes de ce même mouvement, vient renforcer un sentiment d’oppression déjà bien palpable. Sentiment qui vient contraster avec les quelques élans lumineux qu’ils semblent avoir voulus insuffler dans ce 2nd jet & qui emmène leur univers fusionnel déjà à part encore ailleurs, encore plus loin. A tel point que Young Fathers réinvente encore ici la musique urbaine d’aujourd’hui. Ils viennent même peut-être de mettre au monde un des 1ers disques de world music de nos villes.
Morceaux choisis : Shame – Old Rock’n Roll

Son Lux – Bones

Youth Lagoon – Savage Hills Ballroom

Romare – Projections

Algiers – Algiers

U.S. Girls – Half Free

Sufjan Stevens – Carrie & Lowell

RJD2 & S.T.S. – RJD2 x S.T.S.

Cannibal Ox – Blade Of The Ronin

Adrian Younge & Ghostface Killah – Twelve Reasons To Die II

Francesca Belmonte – Anima

Guilty Simpson – Detroit’s Son

Roots Manuva – Bleeds

Farao – Till It’s All Forgotten

Golden Rules – Golden Ticket

The Go! Team – The Scene Between

Stand High Patrol – A Matter Of Scale

L’Orange & Kool Keith – Time? Astonishing!

Darkstar – Foam Island

Ghostpoet – Shedding Skin

Public Enemy – Man Plans God Laughs

Busdriver – Thumbs

Action Bronson – Mr. Wonderful

Beirut – No No No

Chelsea Wolfe – Abyss

…francophone…

JP Manova – 19h07

Odezenne – Dolziger Str.2

La Rumeur – Les Inédits Vol.3


\\ EP

Samuel T. Herring & Madlib – Trouble Knows Me

Ebony Bones – Milk & Honey Pt.1

The Posterz – Junga

Open Mike Eagle – A Special Episode Of

Beak / Kaeb – Split EP


\\ singles

Koi Child – Black Panda

Wild Belle – Giving Up On You

Doomstarks – Lively Hood

M.I.A. – Borders

Anohni – 4 Degrees

Les 50 disques de 2014…

Ce n’est jamais vraiment juste…c’est toujours un peu frustrant…& cela tient parfois à une brindille…
Voici le classement des 50 disques (40 LP/5 EP/5 singles) que nous retiendrons de cette année 2014 définitivement achevée…

L'Ame HiFi 2014

\\ LP

Alt-J – This Is All Yours

Presque une évidence pour celles & ceux d’entre vous qui sont à l’écoute de L’Âme Hi/Fi…la 1ère place revient au fort attendu 2nd opus du collectif anglais Alt-J, qui comme son prédécesseur continue de repousser les limites de la chanson pop d’aujourd’hui, mais en en proposant encore une fois une nouvelle alternative, moins électronique mais toujours sophistiquée, moins accessible & encore plus étoffée…ce nouvel album passe haut la main la délicate étape de l’après chef d’œuvre, il prolonge le précédent & en même temps surprend, ouvre sur de nouvelles perspectives qui donnent simplement envie d’en écouter déjà la suite, écouter jusqu’où ces multi-activistes pop vont aller…l’avenir chez Alt-J donne envie…
Morceaux choisis : Nara, Bloodflood Pt.II

Got A Girl – I Love You But I Must Drive Off This Cliff Now

Le dernier projet d’un des producteurs les plus déterminants de notre temps en matière de musique hybride…de ses débuts hip-hop en 96 sous le nom Dr. Octagon avec Kool Keith jusqu’au trio Deltron 3030 avec Del The Funky Homosapien & Kid Koala, en passant par son duo avec Prince Paul, Handsome Boy Modeling School, ou son projet de chansons faussement rétros, Lovage, avec notamment Mike Patton, ou encore, pour finir cette liste non-exhaustive, la production avec Damon Albarn du fameux 1er album de Gorillaz…c’est le retour de Dan The Automator…sous forme de duo puisqu’accompagné d’une chanteuse surprise, Mary Elisabeth Winstead, jeune comédienne tout ce qu’il y a de plus hollywoodienne que vous avez probablement déjà croisée (notamment dans Death Proof de Tarantino). Une collaboration surprenante pour un résultat qui l’est tout autant…un recueil de chansons simples & sobres, à la fois contemporaines & rétro, qui déroulent le récit de nos modernes mélancolies dans un élégant écrin sixties…avec ce sentiment constamment présent que ce 1er album de Got A Girl a toujours existé…
Morceaux choisis : I’ll Never Hold You Back, Everywhere I Go

The Roots – & Then You Shoot Your Cousin

11ème album de la clique de Questlove & Black Thought qui revient avec une nouvelle réussite totale, comme à chaque nouveau long format que le band de Philadelphie réalise. Un des rares groupes à assurer depuis ses débuts une réelle constance dans l’excellence, tout en continuant d’évoluer en permanence, en continuant de faire se dévier les lignes des genres, jazz, funk, soul, rock, classique & évidemment hip-hop. Ainsi, The Roots a désormais largement dépassé le statut de band de « hip-hop à instruments » authentique & respecté…c’est devenu un des plus emblématiques auteurs de chansons hybrides de notre époque…
Morceaux choisis : Never (feat. Patty Crash), Understand (feat. Dice Raw)

Cascadeur – Ghost Surfer

Comme tout bon cascadeur, ce discret français a dû concevoir son nouveau numéro avec la volonté d’aller plus loin que ce qu’il avait déjà réussi précédemment, avec le besoin de monter d’un cran…& finalement c’est encore au-delà que se situe ce 2nd opus de Cascadeur, en tout cas au-delà du niveau global de la production discographique hexagonale.
Toujours dissimulé sous son casque, un casque moins doré que ceux de ses 2 compatriotes multi-platinés, mais qui s’avère définitivement plus lumineux, & d’autant plus sensible, Alexandre Longo a sublimé les espoirs portés par son 1er jet en signant ici un petit chef d’œuvre long de 16 titres, dont quelques-uns soutenus par quelques prestigieux invités (de la pièce de musée Christophe aux chœurs de Midlake en passant par une chanteuse soprano, un DJ & quelques brillants échappés de la sphère jazz). Un disque grandiose mais intime, ouvert mais fragile…& qui recèle en son sein une des plus belles pièces de l’année (malgré qu’elle soit initialement parue sur son précédent EP quelques mois plus tôt)…
S’il ne devait en rester qu’une ?…peut-être serait-ce la mélancolie de haute volée de The Crossing, ses intenses envolées orchestrées & l’apparition finale du timbre blessé du leader de Tindersticks, Stuart A. Staples…splendide…
Morceaux choisis : The Crossing (feat. Stuart A. Staples), Ghost Surfer (feat. DJ Pfel)

L’Orange – The Orchid Days

C’est en Caroline du Nord que prend sa source un des plus beaux affluents d’un hip-hop sombre exclusivement nourri aux vieux samples de jazz & de soul qui dégoulinent, dont nous pourrions par exemple décerner à RZA l’honneur d’en avoir été un des investigateurs, ou en tout cas (fut un temps) son meilleur ambassadeur. Cela nous vient d’un mystérieux producteur au doux nom de fruit en français dans le texte & aux vidéos qui cultivent le mystère à souhait…L’Orange a sorti cette année son 4ème LP (& dans la même veine un nouvel EP plus récemment)…il s’y déverse un foisonnement de petites pièces concises imprégnées de samples dignes de ce nom (on pense aussi parfois aux fameux débuts de RJD2) sans cesse baladées entre ritournelles instrumentales & rap sale (on y retrouve entre autres les rappeurs Blu, Homeboy Sandman & Billy Woods), entre légèreté swing & obscurité lo-fi…avec en fil rouge la note préférée de ce joueur de vinyles…le craquement du saphir sur la cire…
Morceaux choisis : The End (feat. Billy Woods), Need You (feat. Blu)

Metronomy – Love Letters

Breton – War Room Stories

Run The Jewels – RTJ 2

Young Fathers – Dead

Damien Jurado – Brothers & Sisters Of The Eternal Son

The Notwist – Close To The Glass

FKA Twigs – LP1

Chet Faker – Built On Glass

Prince Po & Oh No – Animal Serum

Adrian Younge Presents Souls Of Mischief – There Is Only Now

The Asteroids Galaxy Tour – Bring Us Together

Dels – Petals Have Fallen

NehruvianDOOM – NehruvianDOOM

DJ Qbert – GalaXXXian

Tricky – Adrian Thaws

SBTRKT – Wonder Where We Land

18+ – Trust

Blonde Redhead – Barragan

The Ghost Of A Saber Tooth Tiger – Midnight Sun

Slimkid 3 & DJ Nu Mark – Slimkid 3 & DJ Nu Mark

Kandle – In Flames

Sohn – Tremors

Sharon Van Etten – Are We There

Timber Timbre – Hot Dreams

Naomi Shelton & The Gospel Queens – Cold World

Baxter Dury – It’s a Pleasure

Slow Club – Complete Surrender

Lo Fang – Blue Film

Blood & Glass – Museum With No Walls

Gem Club – In Roses

Sage Francis – Coppergone

Olivia Jean – Bathtub Love Killings

Springtime Carnivore – Springtime Carnivore

S – Cool Choices

Bonus Mashup Album : Amerigo Gazaway – Yasiin Gaye : the departure vol.1

\\ EP

Kwamie Liv – Lost In The Girl

Cross My Heart Hope To Die – Vita e Morte

Civilian – EP1 / EP2

Odezenne – Rien

L’Orange – After The Flowers

\\ singles

We Are Shining – Hot Love (feat. Eska)

Dave Sitek – God Damn Beauty

Marianne Faithfull – Late Victorian Holocaust

Canine – Laughing

Azekel – New Romance