Albums, EP & singles…Notre Sélection 2015…

patchwork pochettes best of 2015

\\ LP

Clarence Clarity – No Now (Bella Union)

Si nous devions n’en retenir qu’un, qu’un seul bon disque parmi les quelques dizaines qui nous ont enchantés cette année, peut-être serait-ce la découverte du 1er album du londonien Clarence Clarity.
Un disque riche, long (20 titres pour plus d’une heure), intense & explosif, qui part dans tous les sens, brille de nombreux feux, tout en restant scotché à l’univers & à la personnalité de son auteur, & sans jamais perdre de vue son fil conducteur, le funk. Un funk hybride, moderne, foutraque & débraillé, dont la filiation pourrait se situer du côté d’un autre de nos disques de chevet paru lui en 2013, l’unique album du regretté The Child Of Lov (disparu quelques mois après la sortie de son disque des suites d’une maladie qui le suivait depuis tout petit). Hormis leurs teints blafards & leurs silhouettes fines, les 2 hommes ont en commun ce goût pour le décloisonnement & l’expérimentation tout en ne s’éloignant jamais d’un cadre pop dans lequel la mélodie est toujours privilégiée, brandie comme 1er vecteur de la destination proposée : la chanson de demain, lo-fi & high tech, sale & sexy, mêlée & funky.
Morceaux choisis : Buck Toothed Particle Smashers (feat. Kill J) – Those Who Can’t Cheat

BADBADNOTGOOD & Ghostface Killah – Sour Soul (Lex Records)

Le 2ème homme de 2015 fût moins discret, il aura même été on ne peut plus présent cette année mais surtout, malgré l’enchaînement, il n’aura jamais été décevant, bien au contraire.
Un constat d’autant plus sensible que l’imposant MC vient d’un collectif mythique qui ne fournit plus grand-chose de conséquent depuis un bon moment, embourbé dans les embrouilles d’égos, dénigré par les concerts bâclés, jamais sauvé par un disque qui nous ferait tout oublier, & encore moins par leurs fausses bonnes idées, dont le point culminant se trouve dans la récente actualité, l’acquisition au prix de 2 millions de dollars de leur album unique par un ponte de l’industrie pharmaceutique des plus détestables qui soient.
Certes, le Wu-Tang est probablement mort, mais Ghostface Killah en est son plus brillant rescapé. Et cela n’est sûrement pas prêt de s’arrêter si on se fie aux prémisses entendues de projets en devenir, dont le plus alléchant (& le plus long à venir) s’est vu doté d’un nouveau single-éclaireur cette année, la collaboration en format long avec un autre imposant MC, dans la forme comme dans le fond, DOOM. Parallèlement, & en plus de tourner aux 4 coins de la planète en son nom ou avec le Wu-Tang, Ghostface aura sorti 2 disques majeurs cette année. Le fabuleux 2nd volume de ses aventures avec le producteur & multi-instrumentiste Adrian Younge & le fruit de sa surprenante collaboration avec le talentueux trio/quartet jazz canadien, BADBADNOTGOOD. Un opus qui vient couronner la volonté de retour aux sources dont fait preuve Ghostface ces récentes années. Le retour à un son live, brut, joué. L’inspiration n’y est jamais très éloignée de l’aventure entamée il y a 2 ans avec Adrian Younge mais dans une version encore plus roots, plus sobre & épurée, gérée de mains de maîtres par le jeune band canadien qui déroule ici une soul rétro qui sert à merveille le flow incisif du MC. Et à Ghostface de leur rendre ce qui leur revient, & de le faire bien, assénant à plusieurs reprises lors de ses concerts en leur compagnie (par ailleurs un de mes meilleurs moments de l’année) : « these guys are the future ». Et là-dessus aussi, nous pouvons être d’accord avec lui.
Morceaux choisis : Mind Playing Tricks – Ray Gun (feat. DOOM)

Young Fathers – White Men Are Black Men Too (Big Dada)

Dans la catégorie “confirmation de l’année”, la palme se verrait décernée au 2nd album du trio écossais Young Fathers, qui avait empoché le Mercury Prize l’an passé avec leur 1er long & qui enfonce ici encore un peu plus loin le bouchon.
Young Fathers reste ancré sur sa position, toujours installé au carrefour des genres & des influences, toujours sous un ciel de plomb, mais il se drape là d’une nouvelle dimension. A leur mix déjà détonant d’électro, de punk, de hip-hop, de soul, de blues & de gospel, les écossais ont injecté un aspect transe encore plus marqué que dans leur précédent LP. Une transe qui n’est pas ici portée par un tourbillon d’effets électro mais à l’inverse, par des boucles de percussions lo-fi & tribales omniprésentes. Elles étaient déjà là auparavant, sous-jacentes, mais désormais elles mènent la danse, aussi glacée soit-elle. Une présence constante qui, ajoutée à leurs parties vocales déjà empreintes de ce même mouvement, vient renforcer un sentiment d’oppression déjà bien palpable. Sentiment qui vient contraster avec les quelques élans lumineux qu’ils semblent avoir voulus insuffler dans ce 2nd jet & qui emmène leur univers fusionnel déjà à part encore ailleurs, encore plus loin. A tel point que Young Fathers réinvente encore ici la musique urbaine d’aujourd’hui. Ils viennent même peut-être de mettre au monde un des 1ers disques de world music de nos villes.
Morceaux choisis : Shame – Old Rock’n Roll

Son Lux – Bones

Youth Lagoon – Savage Hills Ballroom

Romare – Projections

Algiers – Algiers

U.S. Girls – Half Free

Sufjan Stevens – Carrie & Lowell

RJD2 & S.T.S. – RJD2 x S.T.S.

Cannibal Ox – Blade Of The Ronin

Adrian Younge & Ghostface Killah – Twelve Reasons To Die II

Francesca Belmonte – Anima

Guilty Simpson – Detroit’s Son

Roots Manuva – Bleeds

Farao – Till It’s All Forgotten

Golden Rules – Golden Ticket

The Go! Team – The Scene Between

Stand High Patrol – A Matter Of Scale

L’Orange & Kool Keith – Time? Astonishing!

Darkstar – Foam Island

Ghostpoet – Shedding Skin

Public Enemy – Man Plans God Laughs

Busdriver – Thumbs

Action Bronson – Mr. Wonderful

Beirut – No No No

Chelsea Wolfe – Abyss

…francophone…

JP Manova – 19h07

Odezenne – Dolziger Str.2

La Rumeur – Les Inédits Vol.3


\\ EP

Samuel T. Herring & Madlib – Trouble Knows Me

Ebony Bones – Milk & Honey Pt.1

The Posterz – Junga

Open Mike Eagle – A Special Episode Of

Beak / Kaeb – Split EP


\\ singles

Koi Child – Black Panda

Wild Belle – Giving Up On You

Doomstarks – Lively Hood

M.I.A. – Borders

Anohni – 4 Degrees

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